Affichage des articles dont le libellé est Sorties. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sorties. Afficher tous les articles

lundi 28 octobre 2019

Aux confins du Pays-Basque

octobre 28, 2019 1
Ce samedi s'annonçait radieux. Un de ces dernières belles journées d'automne avant les frimas qu'il ne faut pas manquer. Comment résister à l'envie du grand large alors que les Pyrénées ouvrent ses petites routes et ses cols? J'ai beau en avoir parcourues un certain nombre, je suis loin de les connaître tous. Pour cette sorties, j'inaugurai d'ailleurs un nouvel itinéraire, par la Vallée d'Aspe, la Pierre Saint Martin et ses petites routes, avant d'arpenter les lacets d'une route, entre les Gorges de Kakuetta et Larrau, que la carte m'annonçait être un cul de sac. Mais qui sait où débouche un cul de sac?
Au petit matin, par une nuit noir et un ciel parsemé d'étoiles, j'entamai ma route d'approche par Oloron Saint Marie. Il faisait frisquet et il me tardait que le soleil pointe le bout de son nez. Au bout d'une heure trente, la Vallée d'Aspe ouvrait ses portes et les premiers rayons du soleil vinrent chatouiller les cimes environnantes.
En cette basse saison et ses heures matinales, on ne croise pas âme qui vive.
Dans cette vallée profonde, la fraîcheur est saisissante et à mesure de l'ascension l'air se réchauffe.
Le soleil rasant donne un magnifique modelé au relief. Le paysage est enchanteur, après chaque virage, le panorama est saisissant.
Après la Pierre Saint Martin, la route descend vers Saint Engrace et ses pâturages, puis après les Gorges de Kakuetta, je prends un petit pont enjambant un bras de rivière. C'était ma route vers mon cul de sac. J'étais impatient de savoir ce qu'il y a avait au bout.
Ma seule crainte était de traverser des fermes généralement gardées par les traditionnels Patous, les chiens de bergers de plus de 70 kg de muscle. Sinon agressifs, ces colosses des montagnes font simplement leur travail de gardien du troupeau. Au cours de mes balades en rase campagne, il m'est déjà arrivé d'être coursé par pareille bestiole. En réalité, il n'en fut rien. La route serpentait à travers bois puis émergea des futaie vers des pâturages d'altitude.
Comme la carte l'avait l'indiqué, au bout de quelques kilomètres, la route s'arrêta et la piste prit le relais.
C'était une piste carrossable avec des passages assez caillouteux et par moment bourbeux qu'il m'a fallu négocier au prix de glissades et même d'une chute dans un fossé, sans gravité pour moi comme pour la moto!
Sur cette certaines lignes droite très roulante, la prudence est de mise car la piste et étroite et bordée d'un précipice.
Malgré des pneumatiques pas adaptées, ma monture s'est montrée agile et agréable à conduire. C'était pour elle comme pour moi, un véritable baptême du feu puisque je ne m'étais jusqu'alors jamais aventuré en dehors des routes.
Pour ma monture, c'était comme un retour à ses racines Indiennes. C'était donc une occasion de tester ses aptitudes à rouler sur un terrain irrégulier.




La piste continuait à longer le relief de cette magnifique vallée. J'espérai qu'elle rejoigne Iraty par un petit bout de piste. En fait, ce bout de chemin abouti à une corniche, sans issue.
Je rebroussai alors chemin et pris le chemin du retour, l'heure étant tardive et la route encore longue.



jeudi 15 août 2019

Aller (et retour) au Col du Tourmalet

août 15, 2019 0
Hier, c'était mon premier jour de vacances et je souhaitais la vivre en beauté en faisant un tour du côté du Tourmalet.
C'était également l'occasion de tester ma bécane après l'installation du pignon de sortie de boite de 19 dents, histoire d'apprécier cette modification sur des routes de montagne.
Après un matin ensoleillé mais frisquet, digne d'un mois d'octobre, je fais escale chez Paul et Alex mes mécanos préférés à Bagnères de Bigorres (Moto Passion 65 pour ceux qui ne le savent pas encore 😅), pour un petit bonjour avant d'entamer l'ascension du fameux col.
Ce versant par Saint Marie de Campan et la Mongie n'est pas le plus beau, loin s'en faut, à cause des aménagements et infrastructures dédiés au sport d'hiver...
De plus, en ce mois d'août, les routes sont très chargées, cyclistes, voitures et motos encombrent ces virons au point qu'il est difficile de profiter du paysage.
L'arrivée aux abords du col donne lieu à la traditionnelle pose aux photographes en embuscade sur le bord de la route.😎
Le col est très encombré de voitures et de cyclistes exténués mais heureux. Je ne m'y attarderai pas et tente de trouver un coin tranquille pour un picnic.
Je trouverai refuge quelques kilomètre plus loin après Barège dans un petit village (Sers où j'avais déjà pris des clichés lors d'une précédente virée.

Une pause que j'ai appréciée avant de tenter de repartir au guidon de ma belle.
C'était sans compter sur le sélecteur de vitesse qui se déloge du carter...😤🔥 💥👎🏼
Bloqué sur le premier rapport, la seule solution qui se présente est d'aller à nouveau rendre visite à Paul.....soit à 40 kms avec un col à franchir.....à 25 kms ! 🐢🐪
Séquence Laurence d'Arabie à dos de chameau.
Autant dire que le style de ma moto et le peu de dignité qui me reste en ont pris un coup dans l'aile!
L'ascension est longue et laborieuse sous le regard interrogateur des marcheurs et des cyclistes que je double (quand même!), mais qui me doubleront dans la descente...("ça roule pas vite ces vieilles motos..."). Paul observera avec humour que cette expérience ne lui aura pas fait une bonne pub!
A l'arriver au col, je prends une seconde salve de photos, le mode "sport" étant superflu, les photographes pouvaient opter pour la pose longue sans risque de flou de bougé!
Après 1 heure et demi pour faire ces 40 kms, j'arrive au garage qui s'active comme une ruche.
Sans trainer, il prend en charge ma bécane et après avoir démonté le carter, il découvre le coupable, l'extrémité interne du sélecteur est rompue (pièce défectueuse), ce qui explique le bruit insolite que je pouvais entendre auparavant.
Avec les congés du fournisseur, la moto est immobilisée pour le reste du mois d'août.
Adieu, veaux, vaches et cochons, moi qui projetais d'emprunter quelques jours plus tard les routes d'Espagne à son guidon.
Le retour se fera en taxi la queue entre les jambes si je peux dire.
En conclusion, pour en revenir au pignon, le plaisir est intact en montagne et la moto est beaucoup plus agréable dans les grandes lignes droites. Une moto plus polyvalente et homogène. Elle s'acomode aisément d'un 100-110 sans souffrir, même si ma vitesse de croisière reste un bon 80 km/h.
Pour l'heure, je me sens tout nu sans ma monture...

vendredi 8 mars 2019

D'un versant à l'autre

mars 08, 2019 2


Ce week-end-là, je l’avais en point de mire depuis quelques semaines, un peu comme on observe un objet céleste lointain en calculant la trajectoire pour l'atteindre. Toutes les conditions étaient réunies, la fenêtre de lancement s’offrait à moi question météo et accessibilité des cols  pour envisager une longue sortie. 
Sous des faux airs de printemps avant l’heure, mes cimes Pyrénéennes ouvraient leurs routes d'altitude aux quelques mordus de montagnes hivernales, dont je fais partie. J’allais pouvoir admirer la blancheur éclatante des monts environnants tout en sillonnant leurs routes escarpées mais dégagées et profiter de cette douceur hivernale.
La route allait être longue, sinueuse et découpée, de vallées en cols. J’avais pour ambition d’atteindre les portes de l’Andorre le soir même, en prenant la route des cols, au plus près géants.
Ma monture, cette bête de somme qui m’aura transporté par monts et par vaux et par presque tous les temps, aura fort à faire, elle qui passe généralement pour un engin de balade ou tout au plus une moto de collection fraîchement restaurée. 
A mon départ, les montagnes me lancent un défi. Si proches en apparence, leur approche est longue et laborieuse quand on est impatient de s'attaquer à leur flanc. De plus, ce sont des routes que je connais bien pour les emprunter fréquemment, elles sont ces passages obligés par les Vallées de Haute Bigorre.
Aussi, il m’aura bien fallu une heure et demi pour m’engager sur la route du Col d’Aspin sous un soleil resplendissant avant d’atteindre Arreau et son long cortège de voitures sur le départ de leur semaine de sport d’hiver. Cette longue procession de laisse perplexe si l’on considère les vacances comme une occasion de dépaysement.
En ces basses altitudes et ces fortes affluences touristiques, il ne fleure pas bon le grand air montagnard. Ici et en ces périodes tumultueuses, on se croirait plutôt sur un périphérique aux heures de pointe. 
C’est donc sans regret que je prends de l’altitude en direction du Col de Peyresourde et ses méandres et congères à son sommet.
A mesure que j’avance, la fréquentation touristique se fait moins forte. Le temps presse et je perds du temps à trouver mon chemin. Je tourne et vire, m’égare sur une petite route secondaire après le Col du Portillon en tentant de regagner le Col du Portet d’Aspet.

En bref, je flâne, comme à mon habitude, l’appareil photo à portée de main, toujours prêt à un arrêt soudain. Je suis conscient que l’essentiel ne se capture pas sur une image, il se vit, se ressent et s’expérimente. D'ailleurs, on choisit cette moto à dessein. Cet engin est un art de vivre à lui tout seul. 
Cette moto et sa simplicité extrême est un formidable outil qui libère l’homme de ses contraintes. Nous sommes loin des gros trails, ces SUV version deux-roues, qui contre de nombreux agréments maintiennent le motard à son esclavage moderne. Ce besoin qu'ont ces motards d'avoir un avion de chasse en guise de moto.
Je poursuis donc cette route sinueuse et riche en épingles. Cet itinéraire qui est particulièrement recherché à moto n’est pas propices aux longs trajets. J'imagine les routes d'altitude au Ladakh avec ces gués et ses ornières.
Après Saint Giron, alors que le soleil darde ses derniers rayons dorés sur un paysage enchanteur, je prends alors conscience qu’il est encore tôt dans la saison malgré l'allure estivale de cette fin de semaine et que les journées sont encore courtes. Il est temps de presser le pas. Toujours ce temps qui presse, la tyrannie du temps. Dans ses vallons encaissés, l’ambiance passe rapidement du ciel aux abysses de froid, ressenti accentué lorsque on est juché sur un deux-roues.
La fatigue aidant et la fraîcheur arrivant, il me tarde d’atteindre mon hôtel mais la route, depuis Saint Girons et Tarascon-sur-Ariège, est encore longue et pas des plus agréable. Sorte de voie rapide bordée de zones d’activité et de centrales électriques. Des monstres de béton défigurant cette vallée. Ces ouvrages de génie civil sont pourtant indispensables pour rendre ces zones de montagne accessibles. 
En cette fin de journée, encaisse dans ce lieu inhospitalier et alors que la nuit arrive et le froid se fait de plus en plus sentir, je ressens peu à peu cette impression de danger, comme si un instinct primitif prenait le dessus,. L’inquiétude du nourrisson le soir venu. Comme quoi, l’homme n’est pas si loin de la bête.
A ce moment-là, tout un tas de sentiments, de craintes irraisonnées et de pensées absurdes me traverses l’esprit : Vais arriver à trouver mon hôtel, suis-je dans la bonne direction ? Et si je tombais en panne au milieu de nulle part….
A la nuit tombée, je parviens finalement à mon hôtel avec le sentiment d’en avoir fait beaucoup (trop?) aujourd’hui et d’avoir peut-être sous-estimé la distance. Je suis fatigué de cette route mais plein d’appréhension par rapport à la route du retour.
Dans mon logis spartiate et repus d’un repas frugal dans ce petit hôtel quasiment vide, je prends mes quartiers nocturnes.
Le lendemain, un ciel d’un bleu saturé m’invite à reprendre à route via l’Andorre et son chapelet de stations et centre commerciaux,  que je mis plus d’une heure à traverser dans une ambiance glaciale. Il faut dire que la vallées encaissée est austère et le soleil n’a toujours pas montré un bout de ses rayons. Les rues sont animées, de nombreux cars de tourismes les sillonnes chargés de skieurs en direction des pistes.
Après cette route qui me paraît interminable, la Principauté derrière moi, je vire à droite à Adrall via la N-260 qui restera, jusqu’à mon retour en France, ma Route 66, celle qui me mènera vers l’ouest !  Galadriel n’aura pas dénié me suivre…

Cette route aura fait mon émerveillement et déjà quelques kilomètres après ma bifurcation, je prends ma dose de photons en admirant le défilé des montagnes en direction du sud et en tentant de me réchauffer les mains endolories par le froid. Un bain de jouvence alors que temps semble s’arrêter. 
Outre l’ensoleillement sans pareil, les routes Espagnoles et leurs courbes délicatement ciselées et très roulantes faisaient déjà mon bonheur. Ces routes sont des chefs d’œuvre tant elles savent épouser les reliefs et offrir un panorama imprenable.
On y roule et on admire le nez au vent les somptueux paysage et des villages perchés sur des pitons, qui s’offrent à vous.
Le trajet allait donc être beaucoup plus roulant qu’à l’aller.
Tantôt large et longue à vous donner l’impression d’être au beau milieu de l’Utah et tantôt étroite et sauvage dans des piémonts pas fréquentés et perdus au milieu de nulle part. Je savourai chaque lacet avec délice.
C’est cette impression d’espace qui est marquante sans ce sentiment d’écrasement de la roche environnante.  
Et ce soleil qui transfigure tout, élargit les horizons et les espaces! Lumière salvatrice et régénérante. 
Que dire de cette Bullet sur ces longues routes si ce n’est qu’elle est une monture de choix pour celui qui veut voyager dans tous les sens du terme. Un voyage dans l’espace qu’elle vous fait traverser sur sa selle confortable. La distance ne lui fait pas peur car l’histoire témoignera de son étonnante capacité à vous transporter sur les routes les plus difficiles. Elle vous fera également voyager car vous paraîtrez d’un autre âge et généralement la traversée d’un village ne laisse pas inaperçu !
Cette longue distance parcouru me laisse d’ailleurs dire qu’elle pourra aller plus loin, beaucoup plus loin. Mais ceci est une autre histoire.
Cette N-260 me conduira sans encombre jusqu’au Col du Portalet et via Laruns.
Une petite anecdote en descendant ce Col l’esprit hagard après un si long périple. Au détour d’un virage, le moteur tousse et se tait quelques secondes plus tard.  En panne ? Je l’ignore et tente de gagner Laruns pour demander assistance en descendant en roue libre sous le regard étonné des touristes en voitures et des motards dont pas un seul n’aura idée de s’arrêter….Quelques kilomètres plus loin, tentant de ranimer la bête, je m’aperçois que j’avais par inadvertance actionné le coupe-circuit. 
Après une arrivée ravie, une nuit bien méritée s’en est suivie, des images et sensations plein la tête. Le sentiment d’avoir vécu de belle choses et l’envie de repartir !